les
La main qui trace sans demander la place. Marqueur, bombe, pochoir, photocopie. Le geste passe avant le plan. L'atelier est la rue. L'outil est ce qu'on a.
L'atelier
est la
rue.
Le graffiti précède la marque. Il dit "je suis là" avant de dire "j'existe". Il n'a besoin d'aucun financement pour fonctionner. Une bombe, un mur, un soir sans pluie.
Le camp des mains refuse l'atelier industriel. Chaque trace est unique. Chaque signature est fragile. Chaque mur est une feuille qu'on partage avec d'autres mains qui ne se croisent jamais.
Les voisins du camp : les zinistes photocopie, les ateliers de sérigraphie en cave, les brodeuses qui détournent, les tricoteuses qui occupent les clôtures. Tous font avec ce qu'ils ont, tous posent leur nom ou leur geste là où personne ne les attendait.
PAS DE BREVET SUR NOS GESTES
Ce que la main fait, la main le garde. Chaque geste répété devient une technique. Chaque technique partagée devient un patrimoine commun. Rien de tout ça ne s'enferme dans un dépôt légal.