post-travail
Le temps cesse d'être une monnaie. Les heures qu'on passe à inventer comptent autant que celles qu'on vend.
Imaginaires spéculatifs qui vibrent au néon. Le camp des futurs dessine les mondes qu'on n'a pas encore. Chaque sticker est un signal envoyé à ce qui n'existe pas déjà.
Le camp des futurs pose des stickers pour des mondes qui n'ont pas encore de plan cadastral. Chaque image, chaque logo, chaque slogan est un prototype d'univers. Certains se réaliseront. La plupart non. Tous servent à déplacer ce qu'on croit possible.
Langue de prédilection : la science-fiction, la théorie-fiction, le worldbuilding. Esthétique : chrome, iridescence, reflets qui changent selon l'angle. Un sticker holo dit : je montre une face différente selon qui me regarde.
Ce camp voisine avec les hackers, les ingénieurs déserteurs, les biologistes du vivant, les bergères post-capitaliste. Tous partagent une foi : le réel est trop étroit pour contenir ce qu'on veut faire.
Le temps cesse d'être une monnaie. Les heures qu'on passe à inventer comptent autant que celles qu'on vend.
Les frontières entre corps, machine et écosystème fondent. L'identité devient un écosystème qu'on cultive.
Production distribuée, commun ouvert, partage systémique. L'abondance partagée remplace la rareté manufacturée.
Les cartes se redessinent sans gardes-frontières. On appartient au territoire qu'on soigne, pas à celui qu'on est né dans.
Les interfaces se dissolvent dans l'environnement. La tech redevient invisible, au service de la vie sensible.
On mesure la prospérité à la santé du vivant. Le PIB devient un vieux mot qu'on lit dans les livres d'histoire.