Il passait le matin en Ariège et le soir en Andorre. Personne ne lui demandait ses papiers. Il laissait des empreintes identiques des deux côtés.
les récits
Un monde réenchanté par le dessin. Quand les autres camps frappent, ce camp raconte. Les stickers sont des pages détachées de contes qu'on n'a pas encore écrits.
« Celui qui raconte mieux le monde finit par l'habiter plus fort. »
· proverbe d'un village inventé
Le camp des récits croit à la puissance du dessin tendre. Non pas la tendresse qui endort, mais celle qui soigne. Le sticker y devient une petite image qu'on colle sur son cahier, sur son frigo, sur le dos d'un livre.
Les personnages reviennent d'une illustration à l'autre. Un lapin philosophe. Un renard géographe. Une plante qui parle. Chacun habite une micro-fable qui trace un bout du monde qu'on préfère.
Ce camp ne promet aucune révolution violente. Il propose un décor patient. Quand les autres brûlent, lui replante. Quand les autres crient, lui murmure des histoires qu'on écoute en deuxième écoute, celle qui reste après.
six fables courtes
chaque vignette se lit en trente secondes · chaque personnage vit au-delà de sa page
Elle poussait dans une fissure du bitume. Chaque été, elle racontait à l'asphalte ce qu'étaient les racines. L'asphalte l'écoutait toujours, ne répondait jamais.
Elle avait des bocaux pour les cris d'hirondelles, d'autres pour les portes qui claquent, un dernier pour les silences importants. Elle les ouvrait le dimanche.
Elle voyageait depuis quatre mille ans et doutait de sa direction. Elle s'arrêtait parfois chez les humains pour demander. Ils lui indiquaient toujours vers le haut.
Il écrivait dans un carnet qu'il trempait dans ses propres pluies. Les pages gonflaient, les mots s'effaçaient, mais le nuage se souvenait. C'était ça la tâche.
Chaque soir au village, il nommait ceux qui n'étaient plus là. Les oubliés, les partis, les morts, les encore-à-venir. Tant qu'il disait leur nom, ils tenaient un peu.
petit bestiaire des imaginaires
Certains personnages traversent les récits sans prévenir. Ils reviennent page après page, vieillissent avec le monde, se mettent à ressembler à ceux qui les dessinent.